Au début des années 2000, une idée est née de réaliser deux monuments, l’un à Kigali tourné vers le Nord, et l’autre à Bruxelles tourné vers le Sud pour commémorer le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda.

 

 

C’est en 2004 que la stèle a été érigée et inaugurée par l’Ambassadeur du Rwanda en Belgique en compagnie du représentant du Ministre des Affaires étrangères belges et de la Commune de Woluwe Saint Pierre qui sont les financeurs du projet. Il faut noter que ce monument et Rwanda House, siège de l’Ambassade du Rwanda en Belgique sont situés dans la Commune de Woluwe Saint Pierre.

Un écriteau fixé au pied de la stèle proclamé, pourtant sans aucune malice, que cette stèle était dédiée au génocide commis au Rwanda en 1994. Malheureusement ce manque de précision a été une occasion pour les négationnistes et autres génocidaires ainsi que leurs sympathisants de s’engouffrer dans la brèche, pour y organiser des commémorations contraires de l’objet pour lequel la stèle était érigée.
Ainsi la stèle était devenue plutôt un lieu de discorde, et souvent les autorités communales y perdaient le latin, car ils ne savaient pas distinguer entre les morts à commémorer car les victimes de génocide, les génocidaires morts en mission commandée ou en fuite dans les forêts congolaises ou les simples citoyens victimes collatérales de cette folie humaine, étaient tous rwandais. Ainsi les autorisations de commémoration étaient accordées sans discernement. Cela frisait le négationnisme. C’est pourquoi l’ambassade ainsi que les associations des rescapées du génocide perpétrés contre les Tutsi, il n’était pas question que cette stèle dédiée aux victimes du génocide, soit souillées par les négationnistes, les génocidaires et autres sympathisants.
C’est pourquoi les mots inscrits au pied de la stèle devaient correspondre à sa mission pour éviter toute confusion et une mauvaise utilisation.
Depuis quelques années, l’Ambassade du Rwanda et les rescapés du génocide avaient pris leur distance avec la stèle.
Après une longue bataille, le changement des paroles sur l’écriteau au bas de la stèle nous le devons à l’Ambassade du Rwanda qui n’a cessé d’insister auprès des autorités belges pour que la stèle ne soit pas profanée par des négationnistes qui ont un autre agenda.
On doit le changement également à la persévérance des responsables de l’association belge des rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi, « Ibuka Mémoire et Justice ». A chaque occasion, ils n’ont jamais cessé de rappeler à l’Ambassade et aux autorités belges l’importance de changement des mots inscrits sous la stèle et le faux message qu’ils envoient au sein de la communauté rwandaise, voire aux étrangers.
Le changement des mots de la stèle on le doit aussi à l’Asbl « Collectif des Parties Civiles » dont la responsable Bernadette Mukagasana, a mobilisé les responsables de plusieurs associations en Belgique et tous ensemble ont rencontré à maintes reprises, les autorités belges aussi bien au Ministère des Affaires étrangères que au sein du Parlement Wallonie Bruxelles pour obtenir l’adaptation des mots à la vraie réalité rwandaise et au souhait de ceux qui ont conçu ce projet du souvenir de qui s’est passé au Rwanda
On ne peut que remercier les autorités belges, du Ministère des Affaires étrangères et de la Commune de Woluwe Saint Pierre qui ont fini par comprendre ‘importance et l’enjeu de la demande de la Communauté rwandaise.
Le droit pour tous de commémorer
Un an après le génocide perpétré contre les Tutsi, les rescapés, notamment du Rwanda et de Belgique, se sont organisés pour commémorer les leurs, en se groupant dans l’Asbl Ibuka en Kinyarwanda, Souviens-toi en français et Remember en anglais.
Depuis les années 2000, les négationnistes et leurs sympathisants ont décidé d’imiter les rescapés du génocide contre les Tutsi en créant les associations avec les noms similaires et en allant commémorer aux mêmes endroits. A titre d’exemple l’association Ibuka Mémoire et Justice des rescapés devient Ibukabose pour les négationnistes
Et l’association des rescapés Mpore devient Mpore Mémoire et Justice. Sachant que le kinyarwanda est une langue riche, on peut se demander si cette imitation est un manque d’originalité, manque d’idées ou une simple provocation.
D’autre part quand les rescapés ont commencé à commémorer le 7 avril à la stèle ci haut citée, dès l’année suivante, les mêmes négationnistes et leurs sympathisants y ont commémoré les concepteurs du génocide.
Tout rwandais a le droit de commémorer les siens, à titre individuel, en famille ou en groupe et au lieu de son choix. Pourvu que les droits des autres soient respectés. Ceci dit, le négationnisme est punissable, qu’importe le lieu, s’il est reconnu comme tel.
Le négationnisme est le prochain objectif à combattre