La création d’une « commission vérité réconciliation » entre le Colon et ses anciens colonisés est une très bonne idée, mais elle est unilatérale et imposée aux partenaires, initiée exactement comme c’était à l’époque coloniale. La Rédaction.

 

 

 

 

Le Maître Colon, comme le Lion, Roi des Animaux sentant des remords à cause de Black Lives Matters, rassemble ses anciens victimes, les impose une commission qui va étudier pourquoi et comment les deux vont se réconcilier.

Cette situation suscite beaucoup d’interrogations tout en soulignant beaucoup de maladresses pour la réalisation de ce projet pourtant louable.

Il est vrai que les colonisés trouvent admirables que le maître colon pense à cette idée géniale de  vérité et de réconciliation. Mais la question est de savoir pourquoi, c’est encore lui qui décide comment cela doit se faire, il met en place une commission, il en nomme les membres, il trace les grandes lignes de travail.

Est-ce une procédure normale de réconciliation que ce soit le maître qui crée une commission pour étudier les misères endurées par la victime ? Si vous êtes sincères et si vous souhaitez la réconciliation et surtout l’indemnisation, car il y a longtemps que la victime a pardonné, n’est-il pas plus sage de demander à la victime de former sa propre commission, car c’est elle qui a enduré et qui sait ce qu’elle veut dire, comment le dire et qui la représentera dans ce dialogue. Quant au colon il formera lui-même sa propre commission qui le représentera dans ce dialogue.  

Au sein de cette commission créé par le Maitre Colon, on  y trouve des agents néocoloniaux qui ont continué l’œuvre colonial sous différentes formes dans les anciennes colonies, longtemps après la supposée indépendance. Peut-être ils y étaient pour leurs propres intérêts mais avec un esprit qui n’a pas évolué. Comment est-il possible de parler de vérité et de réconciliation avec des dinosaures pareils, qui sont à jamais fossilisés !

La transparence et la courtoisie n’exigeraient-elles pas que les anciens colonisés soient consultés et participent à la décision  et forment eux-mêmes leurs propres commissions qui correspondent mieux à leurs propres identités et leurs vécus.

Du côté du Maître Colon, avoir confié cette importante question à la responsabilité du Musée néocolonial du pays, fait perdre toute crédibilité à cette commission. Il est vrai que le musée d’Afrique a connu beaucoup d’effort de transformation. On peut le féliciter pour ce maquillage bien réussi.

 Mais nous restons confiant à la sagesse de la Belgique et de ses dirigeants et à leurs capacités légendaires de dialoguer pour qu’ils veulent bien approcher séparément les dirigeants des pays avec lesquels ils veulent se réconcilier pour un dialogue équitable et surtout pour une indemnisation réparatrice, car c’est surtout cela la question.