L’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie, devrait lever d’ici l’automne prochain les sanctions en vigueur contre le Burundi depuis 2016. Par RFI

 

 






Le Conseil permanent de la Francophonie, qui regroupe les États membres, s’est dit favorable hier jeudi 9 juillet à une demande du gouvernement de lever ces sanctions.

Ces sanctions avaient été prises au plus fort de la crise née de la décision du président de l’époque, Pierre Nkurunziza, de briguer un 3ème mandat. Une crise qui a fait, jusqu’en 2017, plus de 1200 victimes et poussé plus 400.000 autres personnes à l’exil.

La conseillère de la secrétaire générale de l’OIF, Vanessa Lamothe, revient sur les raisons qui ont guidé ce choix de levée des sanctions, jointe par Esdras Ndikumana, du service Afrique de RFI. « En 2016, le Conseil permanent de la Francophonie avait décidé de suspendre la coopération multilatérale avec le Burundi, en raison de différentes choses ; les actes de violence et aussi les atteintes aux droits humains.

A l’occasion de ce dernier Conseil permanent de la Francophonie, le Burundi, fort des élections qui se sont tenues dans son pays, a sollicité justement la suspension de cette mesure et l’ensemble des États et gouvernements ont accueilli favorablement cette demande du Burundi. Donc tout le monde s’est prononcé en faveur de cette levée des mesures de suspension de la coopération ».

« L’OIF a opté pour la main tendue » explique un diplomate, pour justifier cette décision. Sanctionné pour de graves violations des droits de l’homme observés depuis le début de la crise de 2015, Gitega a gardé le même discours offensif et il n‘a fait aucune concession à l’Organisation internationale de la Francophonie. Celle-ci a donc voulu profiter de l’alternance au sommet de l’Etat burundais, « pour tenter sortir d’une situation sans issue ».

Vendredi matin, le nouveau chef de la diplomatie burundaise s’est dit d’ailleurs « satisfait » par une décision « qui met fin à quatre ans de traitement injuste et rétablit le Burundi dans ses droits légitimes ». Albert Shingiro se félicite d’une décision qui vient couronner à ses yeux un processus électoral qui a conduit à « une transition politique qui vient fermer totalement la page de 2015 ».

Le Burundi est devenu depuis lors le pays le plus pauvre du monde, selon la Banque mondiale. Le pouvoir du général Evariste Ndayishimiye ne s’en cache pas, son principal objectif au niveau international est la levée des sanctions budgétaires de son principal bailleur de fonds, l’Union européenne, ainsi que des Etats-Unis, mais aussi la sortie de l’agenda du Conseil de sécurité de l’ONU.

Jusqu’ici, les généraux issus de l’ex-rébellion du Cndd-FDD qui contrôlent d’une main de fer le pays ont opté pour la continuité, notent de nombreux observateurs. « Ils devront cette fois donner des gages notamment sur les questions de l’ouverture politique et des droits de l’homme s’ils veulent voir la coopération repartir comme avant », soulignent-ils.