Le Premier ministre ivoirien est décédé ce mercredi après-midi à Abidjan. Il a fait un malaise lors d’une réunion du conseil des ministres. Il est mort après avoir été évacué à la polyclinique Pisam. Par RFI

 

 

 

Amadou Gon Coulibaly, ici le 12 mars 2020. REUTERS/Thierry Gouegnon

 

 

Il avait été désigné pour être le candidat du parti au pouvoir RHDP à la présidentielle du 31 octobre prochain.

Amadou Gon Coulibaly était âgé de 61 ans. Il s'était rendu début mai à l'hôpital de la Pitié salpêtrière, à Paris, pour un suivi médical suite à une greffe du cœur subie il y a 8 ans. Amadou Gon Coulibaly était resté deux mois en France. On lui avait posé un stent notamment. Il avait été hospitalisé deux fois et observé beaucoup de repos.

Il était revenu vendredi dernier à Abidjan. Accueilli en grande pompe par le président Ouattara lui-même, la première dame, et une cohorte d’officiels et de ministres. Il était apparu fatigué, marchant lentement.

Lors d’une déclaration aux personnes venues l’accueillir dans le pavillon présidentiel de l’aéroport, il avait expliqué qu’il se sentait en forme et qu’il entendait reprendre le travail immédiatement, ce qu’il a fait.

Quelques semaines plus tôt, mi-mars, le Premier ministre qui occupait cette fonction depuis 2017 avait été désigné candidat du parti au pouvoir, le RHDP, pour la présidentielle prévue en octobre cette année.

Lors de sa désignation comme candidat du RHDP, en mars, le président Alassane Ouattara avait déclaré : « Amadou est plus qu’un collaborateur, plus qu’un frère, c’est un fils ».

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Un habitué du sérail politique

Amadou Gon Coulibaly était un habitué du sérail politique. Il baignait dans ce milieu depuis tout petit : il est issu d’une famille influente de Korhogo (nord). Son père était député PDCI-RDA, du temps de Félix Houphouët-Boigny.

Ingénieur des Travaux publics de formation, Amadou Gon Coulibaly gravit progressivement les échelons : il est élu député à l’Assemblée nationale de 1995 à 1999 ; puis maire de la ville de Korhogo en 2001.

A côté de ses fonctions politiques, il assume à plusieurs reprises de hautes responsabilités au sein de l’administration publique ivoirienne. « AGC », comme on le surnomme, est nommé conseiller technique d’Alassane Ouattara, lorsque ce dernier assume le poste de Premier ministre entre 1990 et 1993. Depuis, les deux hommes ne se quittent plus, et se vouent une confiance sans faille.

Amadou Gon Coulibaly sera ensuite à la tête de la Direction du contrôle des grands travaux. Fidèle à Alassane Ouattara, il quitte le PDCI et fait partie, au milieu des années 1990, des fondateurs du RDR (Rassemblement des Républicains), dans lequel il occupe ensuite plusieurs fonctions au sein du comité central.

Nommé Premier ministre et chef de gouvernement en janvier 2017, Amadou Gon Coulibaly met notamment en œuvre les projets de rénovations des infrastructures à Abidjan, ainsi qu’un vaste programme social pour améliorer l’accès à l’éducation et à la santé.

Dans l’entourage du président, on loue volontiers sa « rigueur », son sens de l’« organisation » et sa « force de travail ». Des qualités qui avaient permis à ce technocrate d’être désigné de manière consensuelle, candidat du RHDP pour la présidentielle d’octobre 2020.