Les autorités militaires du Rwanda affirment que des assaillants, originaires du Burundi voisin, ont mené une tentative d’incursion sur leur territoire. Par AFP

 

 




L'armée rwandaise a assuré que l'attaque avait été perpétrée par plusieurs dizaines d'inconnus armés et que des rations de nourriture retrouvées sur place portaient la mention «Force de défense nationale du Burundi».

L'armée rwandaise a assuré que l'attaque avait été perpétrée par plusieurs dizaines d'inconnus armés et que des rations de nourriture retrouvées sur place portaient la mention «Force de défense nationale du Burundi».

Un accrochage armé a opposé dans la nuit de vendredi à samedi des éléments des forces de défense rwandaises à des inconnus qui ont pénétré au Rwanda par le Burundi où ils ont ensuite fui après avoir été repoussés, a annoncé l'armée rwandaise.

« Les assaillants armés ont attaqué depuis le Burundi et ils ont fui dans la même direction, laissant derrière eux quatre des leurs tués et divers équipements militaires, comme des armes et les radios de transmission », a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée rwandaise, le lieutenant-colonel Innocent Munyengango.

Le porte-parole a fait état de trois blessés légers dans les rangs rwandais.

L'attaque s'est produite dans la nuit de vendredi à samedi dans le district de Nyaruguru (Sud), frontalier du Burundi.

L'armée rwandaise a assuré que l'attaque avait été perpétrée par plusieurs dizaines d'inconnus armés et que des rations de nourriture retrouvées sur place portaient la mention «Force de défense nationale du Burundi».

Armes et radios de transmission

Les responsables militaires rwandais n'ont toutefois pas désigné de coupables à cette attaque.

Interrogé par l'AFP, un haut-gradé burundais a démenti sous couvert de l'anonymat toute implication de l'armée de son pays dans l'accrochage.

« Nous sommes au courant de cette attaque au Rwanda, nous avons déployé des éléments à la frontière pour les intercepter », a-t-il assuré.

« Nous n'avons rien à voir avec ces groupes qui veulent déstabiliser notre voisin », a-t-il ajouté.

Le Rwanda et le Burundi entretiennent depuis plusieurs années des relations exécrables marquées par une profonde défiance.

Le Burundi a accusé son voisin d'armer et d'entraîner des groupes rebelles burundais hostiles au régime du président défunt Pierre Nkurunziza, dont la candidature controversée à un troisième mandat en 2015 avait plongé le pays dans une crise politique majeure.

M. Nkurunziza est décédé le 8 juin, officiellement d'un arrêt cardiaque. Son successeur, Evariste Ndayishimiye, un cacique du parti au pouvoir élu le 20 mai, a pris ses fonctions le 18 juin.

« Renforts dans la forêt »

De son côté, le Rwanda a accusé le Burundi d'abriter des membres de plusieurs groupes hostiles au régime du président Paul Kagame, notamment des membres du groupe rebelle hutu rwandais FDLR.

« Nous avons pris la décision que notre territoire ne servira pas de base à des groupes qui veulent déstabiliser nos voisins », a assuré le haut-gradé burundais.

« C'est pour cela que nous avons envoyé des renforts dans la forêt de la Kibira, pour chasser les groupes qui pourraient y avoir élu domicile, mais certains peuvent échapper à notre vigilance de temps en temps parce que c'est une forêt impénétrable », a-t-il ajouté.

Interrogé sur des rumeurs de collaboration entre certains commandants burundais et des membres des FDLR, le responsable burundais a répondu: « Ça n'est pas la politique de l'armée (...) Il peut arriver que certains commandants collaborent sur terrain mais dans ces cas, on les mutent ailleurs ou ils sont punis ».