Aux États-Unis, une pétition a réuni plus de 90.000 signatures pour donner le nom de Barack Obama à la rue où se dresse la Trump Tower. Par Bérengère Viennot


Barack Obama, Michelle Obama et leurs deux filles Sasha et Malia à Washington. Courtesy Barack Obama Presidential Library


La présidence de Donald Trump fait couler beaucoup d'encre, beaucoup de larmes et beaucoup de sang, mais apparemment, elle n'a pas fait perdre le sens de l'humour à tout le monde. En octobre 2018, Elizabeth Rowin, une Américaine de 56 ans, a lancé une pétition pour renommer une des rues de New York et lui attribuer le nom du 44e président des États-Unis. Bel hommage à un homme politique qui aura marqué son époque, mais surtout l'occasion de changer l'adresse de la célèbre et clinquante Trump Tower qui se situerait alors au 725 Barack H. Obama Avenue.

La pétition visait 75.000 signatures: elle en réunissait plus de 92.000 à la mi-août 2019 et vient de se fixer un nouvel objectif de 100.000 signatures. Plusieurs membres du conseil municipal de New York ont assuré à madame Rowin que sa demande serait prise au sérieux. Pour cette citoyenne à l'ironie mordante, l'ex-président mérite d'être honoré pour avoir éliminé Ben Laden, relancé l'économie du pays et assuré deux mandats sans le moindre scandale (suivez son regard).

Ce doux rêve de résistance au trumpisme doit cependant se colleter un obstacle administratif très concret: à New York, il faut être mort·e depuis au moins deux ans pour avoir l'honneur de donner son nom à une rue. Qu'à cela ne tienne: madame Rowin propose que cette loi soit modifiée. Après tout, expose-t-elle très justement, il existe déjà deux rues portant le nom d'Obama à Los Angeles: «Ces lois sont arbitraires et peuvent être contournées», affirme-t-elle.

L'hostilité de Trump à l'égard de son prédécesseur dont le mépris serait, dit-on, à l'origine de sa décision de se présenter à la présidence, n'est un secret pour personne. Obliger Trump et ses partisan·es à passer par l'avenue du président Obama pour rejoindre son gratte-ciel de luxe aurait tout du geste symbolique et vengeur qui permettrait aux adversaires du président actuel de bénéficier d'un petit exutoire ironique et, en attendant que le vent tourne, de faire un petit geste de résistance dans l'atmosphère politique suffocante de l'Amérique.