Nous avons appris vendredi 26 juillet le décès de Sharon Courtoux, affaiblie depuis des années par la maladie. Par Survie




 Nous avons appris vendredi 26 juillet le décès de Sharon Courtoux, affaiblie depuis des années par la maladie. Sharon était une figure historique - membre fondatrice et membre d’honneur - de l’association Survie, dont elle accompagna l’évolution pendant 30 ans, d’un mouvement tiers-mondiste militant pour une aide au développement plus efficace (au travers d’une "loi de Survie", largement soutenue mais jamais votée) à l’association que nous connaissons aujourd’hui, qui pose un regard radical et exigeant sur la politique de la France en Afrique.

« Déléguée du président » François-Xavier Verschave puis « de la présidente » Odile Biyidi-Awala, bénévole permanente au siège de l’association jusqu’à un accident de circulation en 2009, elle fut de tous les combats de Survie et contre toutes les blessures infligées par la Françafrique durant toutes ces années : complicité dans le génocide des Tutsis au Rwanda, les guerres du Congo-Brazzaville et du Zaïre/RDC, succession familiale au Togo, dictature sans partage au Tchad, etc. Elle a ainsi participé à la création ou l’animation de nombreux collectifs, plateformes, mouvements, sur ces sujets très divers : le Togo, le Tchad, les biens publics à l’ échelle mondiale, la responsabilité des entreprises, la Justice internationale, et beaucoup d’autres. Elle a joué un rôle central dans la Commission d’Enquête Citoyenne (CEC) sur le Rwanda en 2004. Elle fut, aussi, une inlassable contributrice et relectrice du journal de Survie, Billets d’Afrique.

Elle était très respectée dans l’univers des ONG et même auprès de certains diplomates et décideurs pour sa capacité à défendre ses convictions et à rappeler à chacun son rôle, ses responsabilités.

Très récemment, lors des commémorations des 25 ans du génocide des Tutsi et de l’accueil des rescapés de Bisesero, sa figure était encore très présente, et ceux qui l’ont connu ont rendu hommage à sa détermination et sa force. Avocats, associations, parties civiles, rescapés savent ce qu’ils doivent à Sharon. 

Comme elle avait l’habitude de le dire : tout ce que nous avons fait était impossible. Même sans elle nous devons continuer à reculer les limites de l’impossible.