Le Maroc est résolu à étendre son influence africaine vers l’est du continent. Pour consolider les acquis réalisés en Afrique de l’Est, le roi Mohammed VI va effectuer une tournée dans au moins trois pays de la région. 

C’est encore non-officiel, mais l’hebdomadaire Jeune Afrique, qui a ses relais au Palais, a annoncé hier une tournée royale en Afrique de l’Est. Le roi Mohammed VI devrait prochainement se rendre au Rwanda, en Ethiopie et en Tanzanie. Cette série de déplacements sera entamée après l’ouverture de la nouvelle session des deux Chambres du Parlement, prévue vendredi 14 octobre.

Politiquement, ces trois pays restent éloignés du royaume. Ils reconnaissent toujours la « RASD » et aucun d’eux ne figure sur la liste des 28 Etats du continent africain ayant réclamé, le 18 juillet, la suspension de la république autoproclamée en 1976 des instances de l’Union africaine (UA). Néanmoins, le Maroc a réalisé des percées diplomatiques dans les trois capitales grâce à son expertise dans les secteurs agricole -via le levier des phosphates-, touristique et immobilier.
Consolider les acquis issus des années de rapprochement avec l’Afrique de l’Est
Entre Rabat et Kigali, les relations suivent une courbe ascendante. La visite de Paul Kagame en juin dernier a marqué le début d’un nouveau chapitre. Outre le volet politique, le président s’était réuni à Casablanca avec une délégation du patronat marocain. En outre, Paul Kagame et Mohammed VI s'opposent tous deux à l’ingérence des anciennes puissances coloniales dans les affaires des pays africains. Lundi 11 octobre, le chef de l'Etat rwandais a dressé un réquisitoire contre la France, un message qui n’est pas sans rappeler celui prononcé par le monarque à Abidjan en 2014. Le Rwanda a, par ailleurs, salué le retour du Maroc dans les rangs de l’Union africaine.
Avec Addis-Abeba, le rapprochement a commencé bien avant Kigali. Les ministres éthiopiens des Affaires étrangères et des Finances avaient effectué une visite officielle au royaume en mai 2015. Le développement des échanges économiques et, surtout, le modèle agricole marocain, avaient été au cœur des discussions entre les deux parties. La visite avait été plus constructive, en témoigne les propos élogieux de Tedros Adhanom, le chef de la diplomatie, sur l’expérience agricole marocaine lors de ses entretiens avec le ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch.
La demande marocaine pour intégrer l’UA devrait naturellement figurer sur l’agenda royal en Ethiopie. Le pays accueille en effet le siège de l’organisation panafricaine et le prochain sommet, prévu en janvier 2017, se tiendra également à Addis-Abeba.
Quant à la Tanzanie, le dialogue avec Dodoma, la capitale, est bien lancé. Abdulrahman Kinana, le secrétaire général du Parti de la révolution (CCM), au pouvoir dans le pays, s’était rendu à Rabat en avril 2015. Traité avec égard par les officiels marocains, il avait eu des discussions avec le président de la Chambre des représentants et celui de la Chambre des conseillers.
Un an plus tard, c’était au tour du ministre tanzanien des Affaires étrangères se rendre au Maroc. Augustine Mahiga s’était entre autres entretenu avec le ministre du Tourisme, Lahcen Haddad. Depuis, un projet de commission mixte dans le secteur touristique entre les deux pays a été lancé.