L’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique ont confirmé les sanctions prises contre plusieurs hauts dirigeants congolais. Ces sanctions et la pression qu’elles exercent ainsi que l’image négatif du pays sont très peu appréciées par Kinshasa.Extrait des 7sur7 CD





C’est pourquoi les autorités Congolaises veulent réagir contre la situation. Les conseils du Président Joseph Kabila étudient la possibilité d’appliquer le principe de réciprocité.
Bien que ça ne soit pas les premières sanctions, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la RDC, She Okitundu, a promis la réciprocité notamment contre l’Union européenne. Selon le ministre, les sanctions de l’UE violent le droit international et même les Accords de partenariat entre l’UE et le groupe des pays de l’Afrique, Caraïbes et Pacifique. « La réciprocité est un principe qui gouverne les relations interétatiques. Si la RDC ne réagit pas contre ce que nous considérons comme une violation des droits fondamentaux, en ce moment-là, il faut faire la génuflexion devant l’Union européenne. C’est une situation que je ne saurai en aucun cas accepter », a déclaré M. Okitundu le lundi au sortir de l’Assemblée nationale.
A l’issue de son interpellation à l’Assemblée nationale, le lundi 12 juin, le ministre Okitundu, a indiqué qu’il tient à ce que la réaction de la République démocratique du Congo contre les sanctions de l’Union européenne, infligées aux personnalités congolaises, soit « raisonnée ». Pour cela, il compte embarquer, dans son « combat », aussi bien le parlement congolais que les États de l’Union africaine.
Au parlement, certains députés avaient demandé que le gouvernement dans sa démarche, commence par protester formellement contre les sanctions ciblées de l’UE et des USA avant d’entreprendre une quelconque réciprocité vindicative.
Devant les Parlementaires, le ministre des Affaires étrangères a promis une réaction « raisonnée ».
Le gouvernement a, pour ce faire, confié le travail d’identification des personnalités occidentales à sanctionner et le type de sanction à prendre à un comité informel dénommé Groupe de soutien au Gouvernement de la RDC.
Pour les sanctions ciblées individuelles, le Groupe de soutien préconise donc 4 types de sanctions : déclaration de personae non grata, interdiction de séjour en RDC, interdiction de délivrance des visas permanents et gel des avoirs.
Les personnalités ciblées et sanctions envisagées par ce Groupe de travail sont 10 personnes dont 7 belges, une italienne et 2 américaines. Il s’agit de:
Didier Reynders, Vice-premier ministre belge des Affaires étrangères. Il a l’ interdiction de visa et gel des avoirs. Il lui est reproché d’être le concepteur du Rassemblement créé à Genval et architecte principal de l’ingérence étrangère en RDC.
Bart Ouvry, Ambassadeur de l’UE en RDC, il est personae non grata et expulsion. Il lui est reproché d’être le promoteur des listes des sanctions et mobilisateur des Chefs des Missions diplomatiques de Kinshasa contre le gouvernement.
Bertrand de Combrugge, Ambassadeur de la Belgique en RDC. Sanction: isolement diplomatique. Il lui est reproché d’être l’instigateur des sanctions.
Kon Vervaeke, Ambassadeur de l’UE en Afrique. Il aura l’interdiction de visa et gel des avoirs. Il est la plaque tournante dans la prise des sanctions.
Maria Arena, est frappée de l’interdiction de visa et gel des avoirs. Elle est la figure de proue de l’anti Kabilisme et est la première à avoir préconiser les sanctions ciblées.
Ida Saywer, Directrice Afrique Centrale de Human Right Watch. Elle est frappée de l’interdiction de visa et gel des avoirs. Elle est la principale source documentaire pour les mesures restrictives, lobbyiste contre la RDC et auteur des rapports basés sur des rumeurs.
Cécile Kyenge, Députée européenne. Elle est frappée de l’interdiction de visa et gel des avoirs. Elle est le cerveau moteur de la campagne contre la RDC à l’UE.
Sasha Levnev, Directeur associé de l’ONG Enough Project. Elle est interdite de visa et gel des avoirs. Ex militant contre les minerais de sang a basculé dans la politique congolaise.
Karl Vanlouwe, membre de la NVA flamande. Il est interdit de visa et gel des avoirs. Il a signé fréquemment des tribunes appelant aux sanctions ciblées et à la fin du régime Kabila.
Peter Luyckx, Député fédérale de la NVA Flamande. Il est interdit de visa et gel des avoirs. Il est à la pointe des questions orales sur la RDC au parlement belge et initiateur de la motion de révision de la coopération RDC-Belgique.
À côté de ces sanctions ciblées, le gouvernement, via le Groupe de soutien, envisage aussi des sanctions économiques qui frapperaient des unités économiques appartenant à des pays qui « s’ingèrent de manière notoire » dans les affaires internes de la RDC.
La riposte serait des mesures ciblant des ressortissants occidentaux installés en
 RD Congo « impliqués dans la campagne d’intoxication et de désinformation de nos partenaires étrangers », indique un proche du chef de l’État congolais.
La fermeture de certaines entreprises et représentations consulaires n’est pas exclue, selon le même document.
L’étape finale, y lit-on encore, est la rupture pure et simple de certains partenariats ou coopération officiels.
Toutes ces propositions ont été transmises au gouvernement. Celui-ci doit en discuter et lever une option. Ensuite, il devra se concerter avec l’Assemblée nationale pour avoir son quitus.
Ce n’est qu’alors qu’elles entreront en vigueur.
Pour rappel, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) a pris récemment des sanctions contre neuf personnalités congolaises. Sur la liste, se trouvent Evariste Boshab, haut cadre du parti présidentiel et ancien vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani, l’actuel vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et Presse, Alex Kande Mupompa, gouverneur du Kasaï Central, Jean-Claude Kazembe Musonda, gouverneur du Haut Katanga, Kalev Mutond, directeur général de l’Agence nationale de renseignement, Eric Ruhorimbere, officier supérieur des Fardc, Muhindo Akili Mundos, officier supérieur des Fardc, et Gédéon Kyungu, un criminel de guerre. Leur dénominateur commun, c’est qu’ils sont au service du régime de Kinshasa.
La riposte serait des mesures du gouvernement congolais en guise de réciprocité