Le Burundi vient de rejeter la résolution du Conseil de sécurité autorisant le déploiement progressif de 228 policiers de l'ONU sur son territoire. En effet, le gouvernement n’est pas fou : pourquoi admettre les policiers de l’ONU ou les soldats et observateurs de l’UA dans un pays où les arrestations, les tortures voire les assassinats sont quotidiens non seulement à Bujumbura mais aussi sur les collines de l’intérieur du pays? Il est logique que les témoins soient indésirables.

Ces deux organisations, africaine et Internationale ont, une fois de plus démontré leur faiblesse ou incapacité de la défense de la paix dans le monde et surtout de la protection de droits de l’homme. En effet l’UA et l’ONU savent très bien ce qui se passe au Burundi, comme il y a 22 ans, ils étaient témoins de ce qui se passaient au Rwanda, pour ne citer que ces deux pays. Nous connaissons la suite.

Le Burundi, qui s'étonne du fait que la résolution ait été adoptée dans la « précipitation » et sans son accord, refuse en bloc d'accueillir les policiers de l'ONU.

Au départ, la résolution du Conseil de sécurité, manquait de force et d’originalité. Pourquoi toujours, la France saute-t-elle sur les malheurs africains pour tabler des résolutions, qui n’ont jamais amené la paix dans ce continent ?

Il est bien connu qu’une résolution présentée par un pays comme la France sur un pays africain qui n’a pas marqué son accord, appelle la Chine de refuser son appui à cette résolution, et l’oblige toujours de s’abstenir lors de vote de cette dernière.

Pourquoi l’UA et les pays membres de la sous-région, ou le caucus des pays non-alignés ne présentent-ils pas une résolution au Conseil de sécurité dans l’intérêt d’un pays membre? L’initiative venant de ces organisations donnerait plus de force à cette résolution et beaucoup des pays, tels que la Chine et les pays non permanents au Conseil de sécurité appuieront ce genre de résolution.

Il y a une certaine paresse intellectuelle, une indifférence ou un laisser-aller de la part de nos institutions.

Ce qui est frappant, lors du vote de la résolution sur le Burundi, les seuls pays africains au sein du Conseil de sécurité, l’Angola et l’Egypte se sont abstenus. Tout en respectant la décision de ces pays africains, que proposent-ils en échange pour la paix dans ce pays frère en difficulté ?

Il est vrai que 228 policiers d’origines diverses, ne sont pas la réponse adéquate à la situation du Burundi. Au contraire, cette résolution a tout simplement réussi à se moquer de la population burundaise, victimes de la situation et à agacer davantage le régime de Bujumbura, qui en a profité pour s’endurcir et à refuser même les 50 policiers qu’il avait acceptés au mois de janvier.

A l’ONU on se dit « déçu, mais pas surpris ». Mais ce n’est ni la première fois ni la dernière que cette organisation baisse les bras devant une situation qui exige une action. L’ONU a besoin de revoir ses méthodes de travail et surtout à mieux se démocratiser au lieu de proteger les intérêts de Grands gaillards.

Quant aux pays africains qui luttent pour la réforme de l’ONU et pour occuper deux sièges au sein du Conseil de sécurité comme les représentants de l’Afrique, ils feraient mieux de commencer à s’exercer à la défense des intérêts des pays qu’ils comptent représenter.