Le procureur général Aimable Havugayiremye a annoncé un processus qui verra la libération d'un certain nombre de détenus dans différents postes de police dans tout le pays.










Dans sa lettre aux procureurs datée du 1er avril, Havugayiremye a expliqué qu'un exercice de filtrage sera effectué par une équipe conjointe composée de la police nationale du Rwanda, du Rwanda Investigation Bureau (RIB) et de la National Public Prosecution Authority (NPPA).

L'exercice déterminera qui parmi les prisonniers en bénéficiera en fonction d'un certain nombre de critères, y compris la gravité de l’accusation.

Selon le procureur général, les personnes accusées de délits graves ou les récidivistes ne bénéficieront pas de cette directive.

Pour faciliter le processus, Havugiyaremye a détaillé les éléments sur lesquels les équipes doivent se baser pour déterminer qui sera libéré parmi les trois catégories de prisonniers.

Dans la catégorie 1, les procureurs sont tenus d'enregistrer les détenus qui sont accusés de délits graves tels que meurtre, traite des êtres humains, corruption, souillure, consommation et distribution de drogues et récidivistes.

Cette catégorie particulière n'est pas admissible à la libération et attendra son procès lorsque les tribunaux rouvriront.

Dans la catégorie 2, l'équipe devrait dresser une liste de ceux qui sont éligibles pour payer une amende et être libérés sans nécessairement être présentés au tribunal.

Quant à la catégorie 3, l'équipe disposera d'une liste de suspects pouvant être libérés sous condition. Cela signifie que leurs procès peuvent se poursuivre après l'ouverture des tribunaux, mais en attendant les suspects seront libérés.

Cette catégorie comprend les femmes détenues avec des bébés, des adolescents et celles qui peuvent être libérées sous caution policière, dès lors qu’elles ne présentent aucun danger pour la société.

Cette catégorie comprend également les suspects dont la cause de détention est basée sur :des conflits familiaux et d'autres désaccords qui peuvent être résolus par la réconciliation avec les personnes lésées en fournissant des motifs de libération. L'affaire restera cependant ouverte.

La troisième catégorie comprendra également des suspects dont les dossiers manquent de preuves suffisantes.

La décongestion de prisons

Le porte-parole du NPPA, Faustin Nkusi, a déclaré que la décision de libérer certains des détenus était motivée par la décision du NPPA de décongestionner les centres de détention pendant la crise des coronavirus.

«La nation est peut-être en situation difficile, mais cela n'empêche pas certaines personnes de commettre des crimes et malheureusement, les chiffres continuent d'augmenter. Nous voulons  nous assurer que les personnes qui restent dans les installations pénitentionnaires soient celles qui représentent un danger pour la société », a-t-il déclaré.

Le 21 mars, le gouvernement a annoncé un verrouillage de deux semaines de toutes les activités, sauf essentielles, et ce verrouillage a été prolongé de deux semaines, jusqu'au 19 avril.

Bien que l'échéancier de la libération de ces suspects n'ait pas été fixé, la NPPA a fixé au vendredi 3 avril la date limite à laquelle toutes les listes doivent être complètes.