Un procureur près la Chambre de la Cour suprême pour les crimes internationaux, à Nyanza, le mardi 10 mars, a prononcé sept chefs d'accusation contre les deux hauts commandants des milices FDLR. La Rédaction








Les deux sont l'ancien porte-parole des FDLR Ignace Nkaka, plus connu sous le nom de La Forge Fils Bazeye, et le lieutenant-colonel Jean-Pierre Nsekanabo, le chef du renseignement des milices, tous arrêtés l'an dernier par les autorités congolaises.

Les trois premières accusations, que le procureur a prononcé en détail sont la trahison, l’appartenance à un groupe armé illégal, le meurtre de personnes ainsi que le pillage.

Concernant l'infraction de trahison, dont les deux suspects sont accusés, le tribunal les a repproché d’aller en Ouganda pour rencontrer un groupe criminel, dont les dirigeants du Congrès national du Rwanda, un groupe terroriste.

En ce qui concerne la création et l'appartenance à un groupe armé illégal, le tribunal a d'abord été informé de l'origine des FDLR, qui sont des milices anti-Rwanda, et basées à l'Est de la RDC.

Ces derniers sont issus des milices Interahamwe, qui ont fuit du Rwanda en RDC, , après avoir commis un génocide contre les Tutsi qui a fait plus d'un million de victimes en 1994.

Le tribunal a appris que les deux hommes, à des moments différents, en 1997 et 1998, ont rejoint ce qu'on appelait alors l'Armée de libération du Rwanda (ALiR) et sont devenus des membres supérieurs avant de le transformer en FDLR.

Leur troisième inculpation, comporte les massacres de la population et le pillage qui ont été commis sur le sol rwandais par ALiR entre 1996 et 1998 dans les anciennes préfectures de Byumba, Kibuye, Ruhengeri, Cyangugu, Gisenyi et Kigali Ngali.

Au cours de cette période, des insurgés comprenant des éléments des ex-FAR et des Interahamwe qui ont causé des ravages dans plusieurs parties du pays, s'infiltrant souvent depuis leurs bases en RDC, tuant des personnes et fuyant ou se cachant dans des communautés rurales où ils avaient encore du soutien.

Le parquet a notamment indiqué qu'ils étaient également responsables de l'attaque contre des réfugiés dans le camp de Mudende, où près de 200 personnes ont été massacrées.

Le duo est également blâmé pour des attaques au cours de la même période dans laquelle plusieurs massacres ont entraîné la mort de civils innocents.

Quatre autres charges seront détaillées le mois prochain

Le tribunal a cependant été ajourné 15 minutes après 13 heures avant que le procureur n'ait fini de présenter les détails et les preuves.

Au moment de l'ajournement des travaux, le procureur n'avait pu entrer dans les détails que pour les détails des accusations dont la trahison, l'appartenance à un groupe armé illégal, ainsi que les  massacres.

L'audience a été ajournée au 16 avril, date à laquelle le procureur continuera à détailler les charges et les preuves qu'ils ont recueillies.

Les quatre autres chefs d'accusation restants sont les suivants: diffusion de fausse propagande visant à ternir l'image du gouvernement rwandais à l'étranger, lancer des attaques armées contre le Rwanda, être membre de groupes terroristes et mener des activités terroristes à des fins politiques sont les sept chefs d'accusation.

Nkaka et Nsekanabo ont été extradés vers le Rwanda au début de l'année dernière par la RD Congo.

Les forces de sécurité congolaises les ont arrêtées, en décembre 2018, au poste frontière de Bunagana qui relie l'Ouganda à la RD Congo, à leur retour d'un voyage en Ouganda, pays qui les donner un appui militaires.

En avril 2019, ils avaient comparu devant un juge du tribunal principal de Gasabo à Kigali.

En janvier, le tribunal de Nyanza a reporté l'audience de fond de l'affaire. Il s'agissait du deuxième report consécutif par le tribunal de Nyanza.

Le premier procès a été reporté en décembre de l'année dernière alors que Beata Dukeshinema, l'avocate de Nsekanabo a jeté l'éponge en disant que sa conscience ne lui permettait pas de continuer à le représenter en raison des crimes dont il est accusé.

Le tribunal a ensuite reporté le procès pour donner du temps à Nsekanabo pour obtenir un autre avocat.