Un ancien chauffeur d'hôtel franco-rwandais, Claude Muhayimana, doit être jugé à Paris à partir de septembre pour des délits liés au génocide contre les Tutsi, a indiqué lundi à l'AFP une source judiciaire. Par AFP






Claude Muhayimana, auparavant chauffeur dans un hôtel sur le lac Kivu dans l'ouest du Rwanda, est accusé d'avoir transporté des miliciens hutus vers des sites où des massacres ont été perpétrés.

Son procès - le troisième en France à être lié au génocide - devrait se dérouler du 29 septembre au 23 octobre.

Muhayimana fait face à des accusations de complicité de génocide et de crimes contre l'humanité « en aidant et en donnant un appui » à de tels actes.

Les massacres ont été perpétrés dans une école locale et dans les collines voisines où des membres de la minorité tutsie s'étaient réfugiés.

Muhayimana a fui en France après le génocide et a obtenu la nationalité française en 2010.

En 2014, il a été arrêté dans la ville de Rouen, dans le nord du pays, après une enquête d'un an déclenchée par une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), qui représente les victimes.

Son avocat, Philippe Meilhac, a déclaré à l'AFP que Muhayimana devait être envisagé dans un « contexte historique ».

Il n'est « ni un chef politique ni un chef militaire, mais un citoyen ordinaire qui a été pris au milieu du chaos », a-t-il déclaré.

« Je suis convaincu que le tribunal reconnaîtra son innocence. »

Le président du CPCR, Alain Gauthier, a déclaré: « Nous sommes ravis que ce procès se poursuive, mais nous avons hâte d'en voir beaucoup d'autres, avec des personnalités ».

Dans les deux autres procès pour génocide rwandais qui se sont terminés en France, un ancien officier de la garde présidentielle, Pascal Simbikangwa, a été condamné à 25 ans de prison en 2014.

En 2016, Octavien Ngenzi et Tito Barahira, deux anciens maires de l'est du Rwanda, ont été condamnés à perpétuité.

Vingt-neuf enquêtes sur des suspects de génocide étaient en cours début décembre, menées par une unité judiciaire spéciale basée à Paris, habilitée par la loi à engager des poursuites contre toute personne sur le sol français.

Environ 800 000 personnes - Tutsis mais aussi Hutus modérés - ont été massacrées pendant 100 jours par des extrémistes hutus ethniques pendant le génocide de 1994.