Cette année a lieu le 25e anniversaire du génocide rwandais. Pour le couple de Rémois Alain et Dafroza Gauthier, le combat continue pour faire juger les génocidaires. Par Laura Dulieu



Dafroza et Alain Gauthier, fondateurs du Collectif des parties civilles


C'était il y a 25 ans. Du 7 avril au 4 juillet 1994, un million de Rwandais, principalement Tutsis, ont été assassinés. Beaucoup des génocidaires n'ont jamais été jugés et se cachent dans d'autres pays, dont la France.

Cachés en France

Alors que les commémorations du 25e anniversaire du génocide se poursuivent, deux Rémois, Alain et Dafroza Gauthier, organisent également des événements à Reims. Fondateurs du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), ils mènent depuis vingt ans un combat pour retrouver les génocidaires cachés en France et déposer plainte pour qu'ils soient jugés.

Un travail d'enquête colossal qui demande du temps, "un travail à temps plein" selon Alain Gauthier, et des moyens. Pour chaque dossier, quatre à cinq déplacements sur le terrain au Rwanda sont nécessaires. "Il faut faire du repérage, identifier les témoins, les trouver au village, être sûr que le témoin est chez lui", explique Dafroza Gauthier.

Trois condamnations

Jusqu'ici, le CPCR a obtenu seulement trois condamnations à cause d'une "justice extrêmement lente, regrette Alain Gauthier. On espère passer à la vitesse supérieure dans les prochains mois, sinon jamais les personnes qu'on poursuit en justice n'auront le temps d'être jugées". En vingt ans, trente plaintes ont été déposées par le collectif.

Pour les commémorations du 25e anniversaire du génocide rwandais, plusieurs événements sont organisés par le CPCR à Reims, notamment le samedi 11 mai, de 14 heures à 17 heures, place d'Erlon. Tout le programme est à retrouver sur le site du collectif.