La police néerlandaise détient Rutunga, recherché par le Rwanda pour le génocide de 1994 contre les Tutsis.



 

L'unité des crimes internationaux de la police néerlandaise a arrêté mardi à Leersum, près d'Utrecht, un Rwandais de 69 ans, soupçonné d'être impliqué dans le génocide de 1994 dans ce pays d'Afrique.

Rutunga est l’une des premières personnes à avoir été inculpée par l’Unité de suivi des génocidaires en fuite

L'homme est identifié comme étant Venant Rutunga, 69 ans, qui avait cherché asile dans le pays européen où il vivait depuis plus de dix ans.

En 2000, le suspect a demandé à être admis comme réfugié aux Pays-Bas. Le service néerlandais d'immigration et de naturalisation a rejeté sa demande d'asile au motif qu'il était soupçonné d'avoir participé au génocide. Il a ensuite fait appel de la décision, une affaire qu’il a également perdue. L'accusation l'a cité pour la première fois dans le pays européen dès 2010. À l'époque, il aurait travaillé comme chercheur invité à l'université et centre de recherche Wageningen aux Pays-Bas, l'ISRIC.

Les autorités rwandaises avaient demandé l'extradition de Venant Rutunga, qui serait le directeur régional d'un institut régional de l'agriculture, où un millier d'hommes, de femmes et d'enfants tutsis ont été tués après avoir cherché refuge dans l'enceinte.

En 1994, le suspect était le directeur régional de l'ISAR Rubona, un institut de recherche agronomique situé à l'extérieur du district sud de Huye, anciennement connu sous le nom de préfecture de Butare. Selon des témoignages, au début du génocide, en avril 1994, plus de 1 000 Tutsis ont cherché refuge à l'institut. Le suspect aurait alerté et fait venir des soldats et des milices à l'Institut, qui ont ensuite tué les Tutsis.

Un monument avec les noms des personnes tuées à l'ISAR Rubona, où plus de 1 000 Tutsis ont été tués.

Selon le procureur général, Jean Bosco Mutangana, Rutunga est l'une des premières personnes à avoir été inculpées par l'unité de suivi des génocidaires en fuite. Contre lui, il y avait un mandat d'arrêt délivré par le Rwanda qui avait demandé son extradition.

 «C'est un homme qui est recherché depuis si longtemps. Nous remercions encore une fois, les autorités néerlandaises pour leurs efforts visant à traduire en justice les auteurs du génocide et nous sommes optimistes sur le fait qu'il sera extradé pour faire face à des accusations », a déclaré Mutangana.

Les autorités néerlandaises ont jusqu'à présent extradé vers le Rwanda deux fugitifs; Jean Baptiste Mugimba et Jean Claude Iyamuremye, qui ont tous deux été extradés en novembre 2016. Leurs procès respectifs sont toujours en cours. D'autres ont été jugés par les autorités néerlandaises.

Joseph Mpambara a été jugé et condamné en 2011 pour son rôle dans le génocide contre les Tutsis, qui lui a valu une peine à perpétuité. Une autre fugitive, Yvonne Basebya, a été reconnue coupable du crime d'incitation à commettre un génocide qui lui a valu six ans et demi d'emprisonnement.