«Nous avons beaucoup de choses à reprocher à la France dans le génocide contre les Tutsi en 1994. Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout », a déclaré, mercredi, à Anadolu le ministre de la Justice, Johnston Busingye.

La Commission Nationale pour la Lutte contre le Génocide (CNLG) a publié, lundi, un rapport épinglant 22 officiers supérieurs de l’armée française pour leur rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda.
«Nous avons beaucoup de choses à reprocher à la France dans le génocide contre les Tutsi en 1994. C’est elle qui veut que nos relations soient un perpétuel recommencement. En tout cas ça sera un long feuilleton judiciaire entre nos deux pays. Nous sommes prêts à aller jusqu’au bout », a déclaré, mercredi, à Anadolu le ministre rwandais de la Justice, Johnston Busingye.
Ce haut responsable rwandais s’est exprimé à la suite de la publication, lundi, par la Commission Nationale pour la Lutte contre le Génocide (CNLG), d’un rapport épinglant 22 officiers supérieurs de l’armée française pour leur rôle dans le génocide de 1994 au Rwanda. Il s’agit surtout des généraux Jacques Lanxade et Christian Quesnot qui étaient des chefs d’état-major de l’ancien président français François Mitterrand.

«Cette fois-ci, nous avons décidé d’élucider le rôle des militaires français coupables, impliqués dans la planification et l’exécution du génocide. Jacques Lanxade a visité le Rwanda en 1991, on l’a alors informé des massacres commis par les Forces Armées Rwandaises (FAR), mais il a maintenu la présence des instructeurs français, qui facilitaient les opérations des FAR, dans plusieurs endroits victimes de ces massacres », a affirmé à Anadolu Jean Damascène Bizimana, Secrétaire exécutif de la CNLG.

Depuis la fin du génocide en 1994, le Rwanda a produit des rapports sur l’implication de la France dans l’attentat du 6 avril 1994, perpétré contre le président du Rwanda, Juvénal Habyarimana. Le premier document fut dirigé et publié en 2008 par le défunt sénateur Rwandais Mucyo. Le second date de 2010 et était l’œuvre du juge Jean Mutsinzi.

Entre 1990 et 1994, la France a apporté un soutien militaire, financier et diplomatique au gouvernement rwandais avant et pendant le génocide des Tutsi déclenché par l’assassinat du président Habyarimana, selon des rapports rwandais.

L’impact de ce soutien sur le génocide fait encore l’objet de vives controverses, en particulier entre les gouvernements français et rwandais, et au sein de la société française.

Le gouvernement français a jusqu’à présent rejeté toute responsabilité dans le génocide, tout en admettant à partir de novembre 2007 que des « erreurs politiques» avaient pu être commises, empêchant de prévenir ou d’arrêter le génocide.