La RD Congo s’est dotée d’une station pilote de dégazage en vue de débarrasser le lac Kivu du gaz carbonique dont la concentration est très élevée au niveau du golfe de Kabuno, indique l’Agence congolaise de presse (ACP). Par APA




La RD Congo s’est dotée d’une station pilote de dégazage en vue de débarrasser le lac Kivu du gaz carbonique dont la concentration est très élevée au niveau du golfe de Kabuno, indique l’Agence congolaise de presse (ACP).
La mise en service de cette station devrait permettre de sauver des vies humaines menacées et de rayer le lac Kivu de la liste des « lacs tueurs du monde », a indiqué le ministre des hydrocarbures, Aimé Ngoie Mukena, cité par la même source.
Le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, s’est également réjoui de la matérialisation de cette opération de dégazage qu’il a initiée depuis 2007, estimant que cela va épargner d’une mort par asphyxie non seulement les hommes mais aussi les oiseaux compte tenu de la forte concentration en dioxyde de carbone enfoui dans le golfe de Kabuno.
« Il s’agit de plus de deux millions de vies humaines qui vont être épargnées dans la sous-région comprise entre la RDC et le Rwanda, les deux pays ayant en partage les eaux du lac Kivu», a affirmé Julien Paluku pour qui la mise en œuvre du dégazage constitue un salut pour les populations riveraines du lac Kivu.
Le golfe de Kabuno est situé au Nord-ouest du Lac Kivu, dans les eaux « territoriales » de la province du Sud-Kivu qui disposent des caractéristiques physico-chimiques distinctes de celles du reste de ce lac partagé entre le Nord, le Sud-Kivu et le Rwanda.
La teneur en gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2) dissous est proche de la saturation à partir de 12 mètres de profondeur. Une explosion possible du gaz carbonique pourrait entraîner la mort par asphyxie de la population estimée à plus de deux millions d’âmes ainsi que des dégâts très importants sur la biodiversité à l’instar des lacs Monoun et Nyios au Cameroun qui avaient fait respectivement 37 victimes en 1984 et 1.746 victimes en 1986.
Avec le dégazage, l’on vise la réduction d’explosion gazeuse en éliminant progressivement et de manière inoffensive les gaz dissous dans les eaux du golfe de Kabuno pour les rejeter dans l’atmosphère.
Pour séquestrer le gaz dans l’atmosphère, on a procédé au reboisement de 400.000 plantules couvrant une superficie de 650 hectares au Nord-Kivu et 350 hectares au Sud-Kivu en raison de 0,8% de gaz carbonique libéré.