Les compliments continuent d’affluer de toute part, quand l’on parle de la récente histoire du  Rwanda. Par Malik Drissi 




Ancré dans l’Est de l’Afrique, le Rwanda a opéré une mue miraculeuse. De nymphe mutilée par les guerres civiles, le Rwanda se retrouve maintenant en position de force, ses ailes inspirant le continent

Les compliments ne se cessent d’affluer de toute part, lorsque l’on décrit l’Histoire Rwandaise, son histoire récente du moins. En Novembre 2018, la directrice générale de la Banque Mondiale, Kristalina Georgieva, insistait sur « le développement impressionnant » du Rwanda ainsi que « ses ambitions audacieuses ». Un propos partagé par de nombreux interlocuteurs, intervenants et experts, qui ont tous identifié le Rwanda comme l’un des futurs foyer propice au investissements et la croissance économique. Un constat rare en Afrique.

Les chiffres sont têtus. Purement en termes de statistique, le Rwanda est devenu l’étendard du « progrès Africain ». Le pays a réduit sa dépendance aux donations. Son budget est maintenant financé localement à 84%, alors que ce chiffre ne dépassait pas les 36% il y a vingt ans. Cette dernière année fiscale, l’économie rwandaise a connu un taux de croissance ahurissant de 8,9%. 24 ans après le terrible génocide Tutsi et près d’un million de victime, ce succès a toutes les caractéristiques d’un miracle.

A chaque miracle, son saint. Décrié par certains pour ses élans « anti-démocratique » voir dictatoriaux, il est difficile de ne pas attribuer ce fabuleux exploit, à Paul Kagame. Leader de la révolte ayant mis fis au génocide. De la pénurie à la prospérité, le chef rwandais - récemment nommé par Forbes, personnalité africaine de l’année- a su créer une attractivité étonnante pour son pays. 

Rassurant les investisseurs en étant partie prenants de certains projets, celui de NTM notamment, l’un des plus grands télécoms africains dans lequel l’Etat Rwandais a participé à 20%. Ces deux dernières décennies, l’économie Rwandaise s’est caractérisée par l’amélioration de son écosystème d’investissement. Et cela d’un point de vue conjoncturel, en adoptant plusieurs mesures de facilitation des investissements étrangers. 

Mais aussi d’un point de vue structurel, en adoptant une « tolérance zéro » vis-à-vis de la corruption. Un mal omniprésent dans le continent mais qui a su être endigué au Rwanda, et en partie grâce à la sévérité à son égard, instaurée par Paul Kagamé. Dans un récent classement publié par Transparency International, le Rwanda se classe troisième pays le moins corrompu d’Afrique. 

Chantre du Panafricanisme« L’union de l’Afrique est une tâche essentielle et une responsabilité pour nous tous » déclare dans un entretien à Forbes Paul Kagame, actuellement président de l’Union Africaine. Et ajoute « Ma tâche, lors de ce mandat, sera de comprendre et de soutenir tout le monde afin de faire ce qui doit être fait afin de d’unifier notre continent ». Une tâche difficile. Plusieurs dirigeants s’y sont attelés, sans aucun résultat significatif au jour d’aujourd’hui. Un constat partagé par le dirigeant Rwanda qui déclare que ce « sera complexe d’apporter du changement même si celui-ci est nécessaire […] mais nous devons le rappeler sans cesse et ce de façon collective ».

Selon Paul Kagame, un début de réponse se trouve dans « la zone de libre-échange continentale » qui rencontre encore une certaine résistance chez plusieurs pays africains. Avant cela « nous discutons beaucoup d’intégration régionales […] de relations de de business, d’investissements entre des régions partageant de nombreuses caractéristiques, qui pourront dialoguer avec le reste du monde comme une seule et même entité ».